Les salariés de Petit-Couronne dénoncent dans la rue le rôle des banques
27 January 2012Deux cents salariés environ de la raffinerie Petroplus répartis dans une centaine de voitures ont défilé jeudi après-midi dans le centre de Rouen et principalement rue Jeanne-d’Arc.
Toutes les enseignes bancaires y disposent d’une vitrine et symboliquement, les salariés l’avaient choisi pour dénoncer le rôle des banques dans la déconfiture de leur entreprise. « L’argent nous appartient… le fric pour l’emploi, non à la spéculation », clamait un tract de la CGT alors des milliers de faux billets de banque de 10 à 500 € étaient dispersés à la volée. « ce fric doit servir à celles et à ceux qui créent les richesses dans le pays : les salariés », expliquait un porte-parole de la manifestation en rappelant que les banques avaient reçu 360 milliards de l’Etat en 2008. « Ce fric doit servir à préserver l’emploi et à le développer. En particulier à sauver l’avenir de la raffinerie de Petit-Couronne ».
Si cette manifestation était prévue depuis plusieurs jours par l’intersyndicale CGT, CFDT, CFE-CGC, le rebondissement judiciaire révélé jeudi matin est arrivé à point nommé. Le parquet de Nanterre a en effet déclenché une enquête préliminaire sur un soupçon de faillite frauduleuse après que des fonds d’un montant de 122 M€ et 59 M$ ont été retirés des comptes de Petroplus France (filiale à 100% du groupe suisse. Dans la journée de jeudi, le groupe a diffusé un communiqué démentant des « allégations ». Il assure que ce sont les établissements prêteurs (la Deutsche Bank en l’occurrence) qui ont retiré ces fonds. Cette version des faits corrobore l’analyse des syndicats qui dénonçaient dans les rues de Rouen, le rôle du système bancaire.
Concernant la raffinerie de Petit-Couronne qui est une société à actions simplifiés (SAS) filiale Petroplus France, un administrateur et un mandataire judiciaires ont été désignés par le tribunal de Commerce de Rouen pour rechercher toutes les solutions permettant une relance de l’activité avec un éventuel repreneur. Le tribunal a placé la société en redressement judiciaire pour six mois. Cette solution a été jugée positive par l’intersyndicale qui exige la continuation du site, à la fois par des travaux de maintenance qui sont indispensables et urgents pour garantir la capacité de production du site en cas de reprise. L’intersyndicale défend également un projet commun avec la papeterie M-Real à Alizay (Eure) que son propriétaire finlandais veut fermer mais refuse de céder. Le projet consisterait à fabriquer à partir des grumes, l’équivalent d’un million de tonnes de pétrole par an qui serait ensuite raffinées à Petit-Couronne.
